*Gonna fly now


J'vais t'expliquer..
Au commencement t'es seul dans les vestiaires.. Des murs blancs, au centre un banc.. Tu mets ta coquille et t'enfiles ton short. Tu laces tes Adidas montantes, tu bandes tes poignets pour pas les abimer.. puis t'enfiles tes gants.
Tu commences à t'échauffer, deux ou trois séries de pompes et d'abdominaux.. Tu t'étires aussi et t'affutes tes coups face à l'unique miroir de la pièce.
Tu lances des regards sombres en imaginant ton futur adversaire dans l'encadrement de la porte.
Puis le coach toque.. Tu regardes une dernière fois ton visage, comme si t'allais plus jamais le revoir.
T'enfiles un peignoir à ton nom; Nieddu.
Tu sors. Il te demande si ça va.. et t'as pas le droit de dire non. Parce que tu peux plus abandonner: tout le chemin qu't'as parcouru c'était pour être ici aujourd'hui. Alors tu réponds oui. T'affirmes même: << j'vais l'détruire! >>, t'as pas le droit de douter d'toi. Pas à ce moment précis.
Tu longes ensuite un couloir étroit.. Le coach te suis.. Les murs sont toujours blancs, comme pour trancher avec ton état d'esprit. T'arrives seul dans une salle immense. Tu vois des centaines de personnes dans les gradins.. et un carré minuscule au milieu.
Les lumières vives t'éblouissent et les gens applaudissent.. Pour toi ou pour ton adversaire. Avec tes 66 kilos à la pesée, t'es qu'un poids léger; autrement dit t'es pas impressionnant par ta taille ou ta carrure, mais le peignoir blanc et les lettres dorées de ton nom qui reflètent les lumières artificielles, ainsi qu'la capuche sur ta tête et tes bras levés comme pour présager d'une victoire te donnent de l'envergure.

Et toi qui n'étais rien tu te retrouves seul face à ce carré de 7m30 de coté. Ce carré entouré d'cordes, un potentiel cercueil. T'en as conscience: un mauvais coup, une chute de tension.. Tu sais pas c'qu'il peut s'passer mais tu t'en fous parce que t'as pas peur et puis de toutes manières tu peux pas reculer.

T'enjambes alors les cordes et t'enlèves ton peignoir.
A ce moment là tu penses à rien.. quand j'dis rien c'est vraiment rien. Y'a juste la musique de Rocky dans ta tête.. alors tu la secoues et personne comprends pourquoi. Sauf toi.. Gonna Fly Now... Gonna Fly Now.. T'imagines Stallone qui monte les marches du Philadelphia Museum of Art.. T'as des frissons et tu t'sens fort, même invincible. Tu sais que rien ne t'arrêteras. Ni les coups, ni le sang, ni la douleur. T'es pas un perdant.

L'arbitre vous demande de vous saluer et c'est là que tout, vraiment tout s'arrête. Tu vas t'asseoir et tu cesses d'être un homme. Tu deviens une bête, la pire des créatures. T'entends le "dong" de la cloche et tu te lèves.
C'est maintenant qu'tu peux lire la peur dans les yeux de l'adversaire. L'adversaire auquel t'avais pas fais attention jusqu'à présent, parce que faut toujours éviter d'regarder un adversaire avant le combat: si tu vois qu'il est sur de lui, toi tu peux être sur que ton combat est perdu.

Donc t'es là, tu bouges tes jambes, comme Ali face à Foreman au stade Tata Raphaël en 74. T'esquives les coups, tu feintes puis tu frappes. Ça parait simple.. Le mec en face recule sous le poids d'tes coups et il se retrouve dans les cordes.
Même pas 20 secondes de combat et le mec est dans les cordes. La foule crie mais toi t'entends rien. T'imagines?
Alors qu'est ce tu fais.. ben tu continues à lui rentrer dedans.. T'enchaines Jab et crochet.. Lui il essaye d'se protéger la tête alors tu frappes le ventre.. et quand il s'protège le ventre toi tu frappes la tête. Tu connais pas c'type qui est devant toi et pourtant t'es si près d'lui qu'tu peux sentir sa putain d'haleine et entendre son souffle.
Tu frappes encore, sans cesse.. déjà une dizaine de coups encaissée, tu sais qu'il tiendra plus longtemps.
Et là le mec fait la seule chose à ne pas faire quand t'essuies les coups d'un autre homme: il se découvre encore le visage.
Alors toi tu saisis ta chance: tu décroches un direct du droit dans son nez.
Ses jambes se dérobent, il s'écroule. Le temps s'est arrêté. Tu sais pas s'il va se relever mais franchement t'espères pas.
L'arbitre s'approche, compte jusqu'à 10. Et... Knock Out!
Il te lève le bras droit. Tu serres le poing fort comme si t'allais foudroyer le ciel.. Un peu comme Carlos et Smith à Mexico 68.
Toutes les lumières s'éteignent, sauf le spot braqué sur toi. Tout le monde t'applaudit et toi tu t'demandes pourquoi.

Après tout, c'n'était qu'un combat parmi tant d'autres, tant d'autres réalisés par chacun d'nous chaque jour..

Mais ce jour là, c'était mon combat.



Djinn


*Gonna fly now

# Online seit Mittwoch, 14. Mai, 2008 um 17:37

Geändert am Sonntag, 21. Juni, 2009 um 20:32

*Loin de tout ça


Loin de tout ça il n'y a rien,
Juste des barrières, des barricades,
Pas de prélats ni de gens biens,
On y vit pas, on s'y ballade.

Loin de tout ça il n'y a rien,
Pas de frontières et pas de gardes,
Juste un péage où un grand chien,
Nommé Cerbère vous regarde.

Loin de tout ça, on souffre,
Un tunnel dans la lumière,
Et chacun de nous s'y engouffre,
Par la porte de derrière.

Loin de tout ça, on souffre,
Une vue en bas, sur la Terre,
Et un infranchissable gouffre,
Qui sépare le mort de ses pairs.



Djinn



*Loin de tout ça

# Online seit Montag, 07. April, 2008 um 13:02

Geändert am Dienstag, 23. September, 2008 um 18:23

*J'm'en fiche


Prisonnier de mes doutes, sur la route du chagrin,
Sous le crachin et la foudre, j'attends et j'écoute,
Puis je cours, puis je fuis, à jamais, et à toute,
A plus tard et à dieu, à sang, à sang et à feu!

Inhumaine avarice, moi je meurs d'être trop riche,
D'avoir le c½ur rempli, et les poches bien lisses,
Alors d'office je donne, et reçoit en retour,
Les plus beaux je t'aime, les plus beaux mots d'amours,

Et je m'éveille loin des hommes, mis en quarantaine,
Dans le domaine où s'assomment chacune de mes peines,
Je n'ai plus à me débattre, l'amour ne m'offense plus,
Car assigné à résidence de la souffrance imprévue.



Djinn

*J'm'en fiche

# Online seit Sonntag, 06. April, 2008 um 16:51

Geändert am Dienstag, 23. September, 2008 um 18:29